Les soldats de l'empire colonial français
1939-1945


L’Empire au secours de la République

Des tirailleurs sénégalais sur le front en Tunisie
Tirailleurs et spahis marocains sur le front de France


Un Empire divisé, deux armées
La France libre fut africaine
La guerre dans le désert
Les volontaires d'Océanie
Des Antillais, Français libres


L’Afrique du Nord, creuset de l’armée de la libération
La modernisation de l’armée française
La libération de la Corse
Le débarquement sur l’île d’Elbe

Monte Cassino


L’armée française et la libération
La campagne de Provence
La libération de la Lorraine et de l’Alsace


Archives photographiques




Archives écrites
en préparation


Témoignages
en préparation
     
L’Afrique du Nord, creuset de l’armée de la libération
« Cette Afrique du Nord, que de sang elle a versé pour la France ! Il faut aller voir les pierres tombales à Venafro en Italie, en Provence, en Alsace : les goumiers, les tirailleurs, des soldats de toutes sortes, toute l'Afrique du Nord, que ce soient Tunisiens, Algériens ou Marocains sans oublier les pieds noirs car il y en a aussi beaucoup qui sont tombés. Oui, l'Afrique du Nord a porté haut le drapeau français et de cela je suis fier. »

Alain Mimoun
soldat du Corps expéditionnaire français en Italie
 
L'accueil du général de Gaulle à Fès en 1943


Lorsque les Américains débarquèrent en Afrique du Nord en novembre 1942, les troupes françaises reçurent l’ordre de les rejeter à la mer. Les combats furent particulièrement violents à Oran et autour de Casablanca où plusieurs régiments de tirailleurs algériens et marocains furent engagés contre les soldats américains. Il y eut de part et d’autre près de 2000 morts et plus de 2600 blessés en quatre jours de combat.

Mais le rapport des forces était trop inégal et, le 11 novembre, l’armée française déposait les armes : l’Afrique du Nord n’avait d’autre choix que de rejoindre le camp des Alliés. Il fallut cependant attendre encore sept mois pour qu’elle acceptât l’autorité du général de Gaulle. Désormais, l’Empire, sauf l’Indochine, était rassemblé sous l’autorité du Comité français de libération nationale. L’armée coloniale pouvait être réunifiée.

L’Afrique du Nord eut pendant près de 2 ans un rôle stratégique dans la guerre. Elle fut pour les Alliés une base de départ pour l’invasion de l’Europe où ils prirent pied, dans le sud de l’Italie, en septembre 1943, soit 10 mois avant le débarquement en Normandie. Ce fut également dans les trois pays du Maghreb que l’armée française se réorganisa et se modernisa. Les 8 divisions françaises qui allaient contribuer à la libération de l’Europe furent, pour les unes, constituées de toutes pièces, pour les autres, recomplétées en Afrique du Nord.

 







Arzew, 4 novembre 1943
Tirailleurs algériens s’entraînant à débarquer


Le général américain Alexander Clark décore
le lieutenant Mohamed Ben El Hadj de la Silver star
 

L’armée d’Afrique, c’est-à-dire l’ensemble des formations militaires constituées en Tunisie, en Algérie et au Maroc, réunissait des Européens d’Afrique du Nord, des Arabes et des Berbères. Ce fut elle qui apporta la contribution militaire la plus importante à cette armée française de la libération.

A la suite de l’armistice de juin 1940, l’effectif de l’armée d’Afrique fut officiellement réduit de 400 000 à 120 000 hommes. A l’insu des Allemands, des unités furent camouflées en groupements de travailleurs ou en forces auxilaires de police. Au total, les effectifs militaires en Afrique du Nord atteignaient environ 200 000 hommes en novembre 1942 quand les Forces françaises libres ne dépassaient pas 40 000 hommes.

Dès lors, l’armée d’Afrique allait fournir la majeure partie des effectifs engagés dans les combats. En Tunisie, 80 000 de ses soldats combattirent aux côtés des Américains et des Britanniques de la fin du mois de novembre 1942 à mai 1943. Les chefs militaires américains purent juger de la valeur de ces troupes et dès lors intégrèrent l’armée française dans leur stratégie.

Les Alliés firent à nouveau appel à elle en Italie lorsque les armées anglo-saxonnes butèrent sur les lignes de défense allemandes autour de Monte Cassino. Les troupes nord-africaines représentaient les 4/5e des 113 000 soldats du Corps expéditionnaire français engagé en Italie.

Au fur et à mesure, l’armée française augmentait ses effectifs accueillant des Français évadés de la métropole puis, à partir d’octobre 1943, des Corses après la libération de l’île. Dans l’été 1944, elle comptait près de 600 000 hommes. Les soldats d’Afrique du Nord continuaient de représenter les 2/3 tiers des effectifs : 176 000 Européens d’Afrique du Nord et 233 000 « indigènes » du Maghreb étaient sous les drapeaux en novembre 1944. Ils constituaient la majeure partie des effectifs de la 1ère Armée française qui débarquait en Provence en août 1944.

L’Armée d’Afrique joua un rôle déterminant dans la campagne pour la libération de la France, d’abord en Provence où elle contribua à délivrer Toulon et Marseille, puis dans les batailles des Vosges et de l’Alsace où ses soldats aguerris encadraient les nouvelles recrues, venues des maquis de la résistance ou des villes et villages qui avaient été libérés.
 
19 août 1944.
Des goumiers marocains sur une route du Var