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Des Antillais, Français libres |
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San Juan de Porto Rico, 2 mai 1943
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Sous l'autorité de l'amiral Georges Robert, Haut-commissaire de la République pour l'Atlantique ouest, les Antilles restèrent fidèles à Vichy jusqu'en juin 1943. Pour autant, des Martiniquais et des Guadeloupéens choisirent très tôt de répondre à l'appel du général de Gaulle, le général « Micro » comme il était surnommé dans les îles. Pour Vichy et ses représentants aux Antilles, la France libre était la dissidence. Les partisans du général de Gaulle décidèrent de se nommer « les dissidenciés ».
Il fallait un certain courage pour vouloir rallier la France libre. La première étape consistait à rejoindre les îles britanniques de Sainte Lucie ou de la Dominique distantes de 70 kilomètres et pour cela embarquer sur de petits bateaux de pêche, gommiers ou saintoises, qui se risquaient dans la traversée. Après avoir échappé à la surveillance des gardes-côtes, bravé la haute mer, être enfin parvenu à bon port, ces « free french refugees » ne furent pas toujours accueillis à bras ouverts par les autorités anglaises.
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Quoi qu'il en soit, le nombre des « dissidenciés » s'accrut tant que les autorités des Antilles françaises s'en inquiétèrent brandissant la menace d'un bannissement définitif. Le gouverneur de la Guadeloupe , Constant Sorin, s'adressait ainsi aux maires de l'île en mai 1942 : « Je n'ignore pas qu'un certain nombre de jeunes Guadeloupéens ont quitté la Guadeloupe pour une île anglaise voisine. Les raisons qui les ont amenés à s'enfuir ne sont pas toujours des plus honorables et très rares sont ceux qui ont agi par patriotisme, croyant servir la France et leur petite patrie. Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter outre mesure de ces départs. Il est bon que la population soit renseignée et sache, d'ores et déjà, que ceux qui sont partis ne reviendront plus en Guadeloupe. La cause est entendue pour eux. »
Combien furent-ils ? En juin 1943, peu avant le ralliement des îles au Comité français de libération nationale, leur nombre était estimé à près de 3000 dont 15% de femmes. Un grand nombre de ces évadés souhaitaient rejoindre une unité combattante. Ainsi, les représentants de la France libre sur l'île de la Dominique mirent-ils sur pied un premier bataillon en octobre 1942.
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San Juan de Porto Rico, 2 mai 1943
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Dans un camp d'entraînement aux Etats-Unis
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Ces premiers volontaires furent envoyés aux Etats-Unis pour être instruit militairement à partir de juin 1943 au camp de Fort Dix puis à La Nouvelle Orléans. Le bataillon de marche des Antilles n°1 fut transféré au Maroc en octobre 1943 pour y poursuivre sa formation. Intégré à la 1ère division française libre, il devint le 21e groupe antillais de défense contra-avion. Cette unité fut envoyée en Italie en mai 1944 puis débarqua en Provence en août 1944. Au sein de la 1ère division française libre, elle participa aux combats jusque dans les Vosges et en Alsace .
Dans le même temps, un deuxième bataillon antillais fut créé et, après son instruction, il embarquait à l'automne 1944 pour l'Europe. Au total, environ 2500 Antillais combattirent dans l'armée française de la libération.
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La cinéaste Euzhan Palcy a réalisé un film documentaire sur ces Antillais qui rallièrent la France libre, recueillant les témoignages d'une vingtaine d'entre eux. « Parcours de dissidents » a été produit par RFO et diffusé sur cette chaîne et sur France 3 en 2006. RFO a constitué à cette occasion un dossier consultable sur son site (http://parcoursdedissidents.rfo.fr/) |
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