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La France libre fut africaine
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« Il n'y avait quant à l'action immédiate à entreprendre, aucun doute dans mon esprit… C'était en Afrique que nous, Français, devions poursuivre la lutte… Dans les vastes étendues de l'Afrique, la France pouvait, en effet, se refaire une armée et une souveraineté. »
Charles de Gaulle
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Le centre de gravité de l'Empire colonial français était en Afrique. Ce fut là que les ralliements décisifs à la France libre eurent lieu. A quelques jours d'intervalles, à la fin du mois d'août 1940, le Tchad, le Cameroun, le Congo, l'Oubangui Chari (la Centrafrique aujourd'hui ) rejoignaient la France libre. Ils entraînèrent le ralliement du Gabon trois mois plus tard: toute l'Afrique équatoriale française avait fait allégeance au général de Gaulle. La France libre exerçait désormais sa souveraineté sur un territoire grand comme trois fois la France qui s'étendait du Sahara au golfe de Guinée. L'Afrique équatoriale fut aussi son seul grand domaine.
En rejoignant la France libre, ces territoires d'Afrique lui apportaient des troupes. Aussitôt, dès l'automne 1940, quatre bataillons d'infanterie et des compagnies d'artillerie étaient formés avec des soldats venus du Tchad, du Cameroun, du Gabon, du Congo, d'Oubangui-Chari et du Dahomey .
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Brazzaville, 14 mai 1942
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Un soldat Sara dans le désert libyen en 1942
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L'armée gaulliste naquit précisément de la réunion des forces qui s'étaient rassemblés derrière le général de Gaulle à Londres avec les troupes présentes en Afrique équatoriale. Aussi, les contingents africains représentèrent-ils une proportion importante de ces Forces françaises libres à leur début. La première grande formation militaire gaulliste, la 1ère division légère française libre, mise sur pied le 25 mai 1941, comptait une majorité de soldats originaires d'Afrique noire réunis dans les 4 bataillons de marche et les unités d'artillerie constitués en Afrique équatoriale six mois plus tôt. Le régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad, l'élément de base de la Force L du colonel Leclerc, réunissait 6100 hommes dont seulement 460 Européens : les Saras du Tchad formaient l'essentiel de cette troupe.
Ces deux formations furent engagées dans les premières batailles de la France libre. En mars 1941, le colonel Leclerc remportait avec des éléments du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad une victoire contre les Italiens à Koufra, un oasis au cœur du Sahara. Un an plus tard, 800 kilomètres plus au nord, à Bir Hakeim, les soldats de la 1ère brigade française libre résistèrent pendant deux semaines aux assauts des armées italienne et allemande.
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La rive sud de la Méditerranée était devenue un des champs de bataille de la guerre. Les victoires des soldats de Leclerc dans le Sahara eurent pour résultat de garantir les liaisons entre l'Afrique noire et le Proche-Orient. L'Afrique française libre occupa ainsi en 1941 et 1942 une position-clé dans le ravitaillement des armées britanniques qui combattaient en Libye les forces italiennes et allemandes coalisées. Les Etats-Unis étaient en effet les premiers fournisseurs d'équipements militaires et le plus court chemin entre l'Atlantique et le Proche-Orient traversait l’Afrique équatoriale française.
Des ponts aériens et terrestres furent également établis à partir des colonies britanniques d'Afrique noire, en Gambie, au Sierra Leone, en Gold Coast (le Ghana d'aujourd'hui). Des dizaines de milliers d'Africains furent employés pour construire les aérodromes et les routes nécessaires. Pendant deux années, la moitié des avions acheminés vers le Moyen-Orient passèrent par l'Afrique française libre : en 1942, plus de 3000 avions s'étaient posés à Fort Lamy, capitale du Tchad, 7000 avaient survolé le territoire. Dans le même temps, des convois de camions sillonnaient les routes qui traversaient le Sahara.
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Automne 1942.
La construction d'un aérodrome
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